Vous prenez? Vous acceptez? Êtes ravis? Enchanté même peut-être?
Allez-y, lancez vous. Entres dans cette féérie.
Moi je pars pour peut-être mieux revenir. Mais vous ne serez jamais les premiers à le savoir.
Mais attendez Moi. Faites de beaux rêves.
Je suis l'être enfermé dans la répétition de la même nuit. Le noir tombe, et des la première étoile on grimpe au traineau. Les millénaires ont usé la perception des rennes, il y a de quoi se prendre une tuile. On frôle les antennes, il suffirait de peu pour qu'un cadeau se perde. Il n'y a pas plus de silence dans les rues que de neige au Sahara, les couples déambulent, les familles glapissent et moi je resserre le n½ud inutile de mes nombreux paquets. J'aurais presque envie d'une corde. Des grelots sonnent au loin, légèrement, de quoi me rappeler à l'ordre, de quoi me susurrer à l'oreille qu'il ne me reste que quelques heures, que le marathon a commencé, qu'ils attendent tous en bas leurs avalanche annuelle de plaisirs promis. Et quand bien même j'oublierais, je n'ai plus aucune valeur. Les magasins se sont vidés, les gosses se sont égosillés devant des vitrines intouchables et on a dépensé comme si c'était la seule chose qui compte.
Je suis le petit homme qui attend impatiemment l'être enchanté, et ses rennes magiques. J'espère qu'il ne le prendra pas mal lorsque je l'attendrai devant la cheminé habillé comme lui pendant que mes parents dormirons paisiblement. Je rattraperai mes rêves en cours de chemin.. En attendant, je m'assois à côté du feu, et j'essaye d'entendre ce magnifique bruit de grelot arriver au loin.. Les épines tombe du sapin une à une. Arrivera t-il à temps? Resteras t-il avec moi pendant que j'ouvrirai mes plaisirs promis..? Me fera t-il une surprise en plus? Avec le plus beau des papiers cadeau qui n'ai jamais existé, un n½ud multicolore, avec deux magnifique boucles comme personne n'en a jamais vu et qui dépasse l'imagination de qui que ce soit. Quelque chose d'exceptionnel. M'entends tu Papa Noël?
Le chieur est là, immobile. Je sais que comme tous les autres il attend depuis des heures. Son cadeau je l'ai, ce n'est pas ce qui m'inquiète. Je ne veux pas qu'il s'accroche, qu'il pleure, chouine, râle. Qu'il me demande de repartir par la cheminée, depuis le temps j'ai appris à passer les portes. Son regard est fixe, convaincu. Je n'ai pas le droit de ne pas me pointer, ce serait un affront, un bon moyen d'en faire un adolescent blasé d'ici quelques années. Alors je rentres. Dans ces pupilles humides c'est tout le monde qui vient de s'illuminer d'un coup, son menton tremble et il me suffit d'un regard pour remarquer qu'il porte une copie de mon costume, s'il n'avait pas huit ans ça en serais ridicule. D'ailleurs je n'ai pas huit ans. Lui ce qu'il veut je n'en sais rien, au final je n'ai jamais compris grand chose aux marmots, je lui tends le cadeau qu'il saisit sans un mot. L'entente est tacite, il ne racontera pas notre petite entrevue, comme tous les autres.
C'est merveilleux. Il viens juste de partir. L'homme à la barbe de neige n'était là que pour Moi! Il m'a tendu mon cadeau. Il m'a sourit. & se clin d'½il si magique.. Cela faisait si longtemps que j'attendais ce moment. Rien n'est plus beau. Je sais bien que je ne suis pas le seul enfant à l'avoir rencontré. Je m'en doute du moins... Mais c'était si .. Puis.. Et si.. Reprends Toi.. Mais.. Non.. Non! Tu ne peux pas laisser filer le Père Noël. Pas maintenant! Pas après ça. Il faut que je le revoie...( réflexion... ) Vite, court!! Ouvre la porte!! Saute sur un de ces animaux magique, vite vite! J'ouvre les yeux.. Je commence à m'envoler, je vole! Sur une renne magique! Les étoiles s'approchent! J'ai réussi! J'ai réussi! C'est extraordinaire! Je suis sur le traineau du Père Noël! Qui s'en douterai une seule seconde! Je réalise le rêve de tant d'enfant! Il faut que j'arrive à le rejoindre tout devant! Mais se vent merveilleux me fais faire des vague en l'air. Un dauphin volant. Je suis à peine accroché, mais je reste comme aimanté à ce rêve. Je n'en reviens pas. Allez, rejoins-le, vas-y, vas-y..
Les petites mains s'accrochent et mon immense chariot tangue. Dans le noir de la nuit je peux entrevoir son visage, entre espoir et effroi, il se balance comme un immortel dans le ciel de la ville. Avec un soupir je change ma direction et reviens vers la fenêtre entrouverte de sa chambre. Je le dépose, aimerait l'attacher pour qu'il ne bouge plus, mais je me contente d'un sourire. Les enfants ne comprennent pas qu'une vie ça se fait seule. Que la sienne avancera et que ce n'est pas ce soir son tour de s'envoler. Je vois dans ses yeux que mon second départ est déchirant, mais qu'il abandonne, se résigne, me regarde m'éloigner quelques larmes brillant sur sa pupille. Ses lèvres tremblent et j'entends son murmure s'élever jusqu'à moi. "A l'année prochaine".
& Faites de beaux rêves.

